Demande à la poussière



Demande à la poussière fait un pas de plus vers l’infime, compte les grains de poussière que l’oubli n’a point emportés, explore les maigres fissures où ont trouvé refuge les traces éphémères d’une vie passée.
A l’instar de John Adams dans I was looking at the ceiling and then I saw the sky, cet acte relate une catastrophe naturelle, ici un orage fictif symbolisant le choc émotionnel des protagonistes. La tempête, rapprochée de l’histoire d’amour, chamboule leurs mondes, effrite la réalité et redéfinit une nouvelle façon de vivre. Le cheminement suit la lutte face à la dévastation, la transformation de la vie intérieure. Seul dans sa chambre, l’Homme se trouve entre un état de veille et de rêve. Il contemple le plafond, le toit se dérobant sous le poids de la foudre, il fait face au ciel immense. Cette catastrophe dont nous ne garderons que la signification sans jamais évoquer ni raison ou contenu, est au cœur de ma démarche en la prolongeant jusqu’à l’usage du médium. Les poussières liées à la pratique de l’argentique représentent cet infiniment grand ainsi que les autres altérations, qui deviennent un sujet à part entière. A travers cette « ballade entre l’infiniment grand et l’infiniment petit » (Sophie Ristelhueber) j’écris la résurgence d’une empreinte, la remontée d’un souvenir engendré par la rencontre de lieux familiers, la remembrance à travers un objet, la spiritualité que révèle en nous un paysage. Ici nous rentrons dans un autre espace, où le corps n’est plus là, un espace qui ne connaît pas sa limite et qui disparaît dans des fragments de souvenirs qui se recomposent.
Ne laisse sa trace dans la poussière que ce que le vent d’une vie a bien voulu pour nous préserver.
Ask the dust makes one step closer to the minute, counts the speck of dust that the oblivion has not taken, explores the thin fissures where the ephemeral trace of a past life has found refuge. Following the exemple of John Adams in I was looking at the ceiling and then I saw the sky, this act recounts a storm, a fictionnal catastrophe symbolizing the emotional shock of the protagonists.  The storm, considered to a love story, turns upside down their worlds, crumble the reality and redefines a new way of life. The journey is following the struggle against the devastation and the transformation of the inner life. Alone in his room, the Man resides between a state of arousal and dream. He stares at the ceilling, the roof is collapsing under the weight of the thunder, he's facing the sky. This catastrophe from which we will only keep the signification without evoque any reason or content, is at the core of my approach by extending it to the use of the medium. The dust related to the analog practice representing, that which is infinitely large as well as the others alterations, that become a full-fledged subject. Through this « ballad between the infinitely large and the infinitely small » (Sophie Ristelhueber) I am writting the resurgence of an impression, the rise of a memory generated by the encounter of familiar places, the remembrance through an object and the spirituality that a landscape reveals in us. We are entering in an other space, where the body is absent, a space that doesn't know his own limit and disapear in fragments of memories which are recomposing.
Leave it to the wind to decide what traces are left behind in the dust.



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