L’Attrait de la lumière
- une étude menée par Lucien Mesuras - 


Villa Pérochon, Niort, Poitou Charentes, France, avril 2018.
C’est lors d’une résidence artistique à la Villa Pérochon courant avril 2018 que je décidais de travailler sur la lumière, notion immatérielle, quasi impossible à représenter. Celle qui est à l’origine de notre pratique artistique, l’agent permettant la réalisation de photographies, sera alors le sujet même de mon projet.
Après plusieurs jours de recherches et conseillée par l’équipe de la Villa, j’approfondis ma démarche en allant voir les objets scientifiques de la collection du musée d’Agesci. J’y découvris des microscopes composés, des prismes de Newton et autres objets hybrides. La suite de ma visite me conduisis à la bibliothèque scientifique du musée. Après une prise de rendez-vous avec la conservatrice, je pu accéder à la collection d’écrits et y découvris que cinquante années plus tôt, un jeune physicien s’installa à Niort pour étudier la lumière.
Je mène l’enquête et pars à la recherche de ce savant dans l’espoir de pouvoir le rencontrer. Avec cette série appelée L’Attrait de la lumière, je vous invite à découvrir ce personnage inconnu à travers des documents que sa famille m’a autorisé à utiliser.
Mort prématurément, il n’a jamais pu terminer son ouvrage dont j’ai repris le titre ici, mais son laboratoire ne fut jamais détruit et peut toujours être visible à la périphérie de Niort.
Professeur Lucien Mesuras, membre actif de diverses sociétés savantes et de vulgarisation des sciences positives en avril 1968.
Né en 1943, de parents français, Lucien Fernand Mesuras grandit en région parisienne. Sa passion pour l’astronomie naît le 20 juin 1955 lors d’une éclipse solaire totale qui dura, comme il l’aime le préciser dans ses carnets «7 min et 8 secondes». Démarra alors un engouement pour les astres,  producteurs de lumière.
Son père, alors employé aux usines Kodak de Vincennes, lui fit découvrir la photographie. Cette nouvelle pratique associée à son attachement pour le céleste lui permit quelques années plus tard d’intégrer l’Observatoire de Paris en tant qu’élève astronome. Fervent de lectures en tout genre, il commence à se pencher sur les écrits concernant la lumière. Il étudie Platon, Euclide, et trouve dans ces écrits un esprit philosophique depuis longtemps disparu dans les études scientifiques. Très intrigué par le fait que l’invisible (la lumière) conditionne notre capacité à voir le monde, il en fera donc son nouvel objet d’étude. Alors considéré par ses pairs comme un «jeune vulgarisateur», il sera congédié de l’Observatoire en 1966 alors qu’il n’avait que 23 ans.


Laboratoire d’étude Optique, Niort, Poitou Charentes, France, avril 1968.
Humilié par son licenciement de l’Observatoire de Paris et du rejet de sa démonstration, il décide de quitter Paris pour rejoindre Niort et poursuivre son objet d’étude. C’est en avril 1968 qu’il fonde son Laboratoire d’Optique qu’il fit surmonter par un puits de lumière en forme de prisme. La particularité du bâtiment donna lieu à des décompositions de la lumière de manière quasi-permanente. Accompagné d’une équipe d’adjoints, et laborantins il y approfondit son étude sur la recherche d’une matérialité de la lumière. Il se basa sur l’imaginaire collectif pour entreprendre cette recherche et partit du constat que la lumière devait être «comme une émanation ou au contraire comme un milieu». Partant des recherches de Newton, qui admettait l’existence de corpuscules dans la lumière, il tenta d’en donner une représentation photographique, et non une modélisation physique.







Modulateur de corps lumineux par impact, Laboratoire d’étude Optique, Niort, Poitou Charentes, France, août 1969.
Après plus d’un an de recherches, le Professeur Mesuras réussit à mettre au point l’instrument qui lui permettra de donner une matérialité à la lumière et qu’il nomma très simplement : «Le Modulateur de corps lumineux par impact».

Cette invention, à la croisée de la photographie et de la physique, permet avec l’utilisation d’un laser très puissant, d’un miroir, et d’une plaque photographique transparente émulsionnée de «capturer la lumière et lui en donner un contour».
Le faisceau, produit par le laser, se propulse, avec la vitesse de la lumière jusqu’à un miroir positionné quelques mètres plus loin. L’impact créé par la vitesse ajoutée aux petites masses déviées par l’action de forces, produira une «image de la lumière» qui, réfléchie par le miroir s’imprègnera sur la plaque sensible placée au milieu de la trajectoire.


Corpuscules lumineux, vues microscopiques obtenu à l’aide du Modulateur de corps lumineux par impact, Niort, Poitou Charentes, France, octobre 1969.
Grâce à son Modulateur, le professeur Mesuras, collecta en deux mois presque une centaine de «corps lumineux».
Il examina alors ces plaques une par une et constata que les corpuscules de lumière pouvaient être rapprochés dans leurs formes aux nébuleuses et autres corps célestes. Il s’interrogea alors sur le rapport entre le corps astral, producteur de lumière et la composition de celle-ci.
Fasciné par ces aplats de couleurs, il put constater  dans la lignée de Newton que la lumière blanche composée de différentes couleurs ou longueurs d’ondes est organisée différemment lorsqu’elle ne traverse pas un milieu transparent particulier tel que le verre ou encore l’eau. Il mit alors au point une théorie impliquant que la lumière nous parvient des étoiles, que ces ondes sont transmises dans un éther emplissant l’espace. Dans cet espace dans lequel aucune déviation n’est appliquée à la trajectoire de la lumière, celle-ci reproduit le schéma de son créateur en son corps.
Il était donc possible, grâce à sa théorie de déterminer la provenance de notre lumière.
L’ouvrage L’Attrait de la lumière où il expose cette théorie, ne fut jamais publier. Son fils, est toujours à la recherche d’un éditeur pour publier ce traité qui pourrait certainement changer le cours de la physique.


Remerciements pour les photographies et documents à la famille Mesuras et à la collection du Laboratoire d’étude optique de Niort, France.
Ainsi qu’au CACP Villa Pérochon

Mark


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