Plongé dans des espaces intimes, physiques, ou métaphysiques, le travail pluridisciplinaire de Manon Lanjouère interroge nos imaginaires et révèle un séduisant alliage de sciences et de poésie. Traditionnellement opposées, ces deux disciplines disposées sur un même plan dégagent une inquiétante étrangeté plastiquement et photographiquement attractive. Le fil rouge en est la fiction, qui, au cœur de sa création, se tient au service des nouveaux récits qu’elle tisse à chaque projet.

La littérature et les textes de vulgarisation scientifique dont elle s’inspire dans ses productions nous plongent alors au centre d’événements naturels qui ne pourraient avoir lieu qu’en rêve. Des allégories et métaphores qui lui permettent d’évoquer l’interaction entre le paysage et l’humain, d’imaginer des corrélations sensitives.

Manon Lanjouère est dans une constante réflexion sur le medium et sa sémantique. Dans sa série Demande à la poussière elle interroge l’écriture photographique comme écriture de la mémoire, et des questionnements rythment notre lecture de l’œuvre : devons-nous faire confiance à une quelconque écriture pour conserver un souvenir ? Est-il immuable ?

Pour mieux nous immerger, elle crée de faux documents. Un leitmotiv de son travail qui se joue de la photographie documentaire. Le regardeur sollicité se fait alors chercheur en s’interrogeant sur la véracité du médium photographique. L’Attrait de la lumière en est un exemple révélateur. Dans ses mises en scène, l’image n’est plus reine mais sujet. Un satellite au service du récit. Une histoire insolite est à déceler sous des images, des indices, des mots qui invitent à la réflexion. Sa démarche photographique cherche ainsi à nous faire perdre pied, nous invitant à pénétrer dans son univers fictionnel pour mieux nous interroger sur ce qui nous est donné à voir.

Stimulée par son évolution parallèle au sein d’un théâtre parisien, la pratique photographique de Manon Lanjouère se dévoile sur plusieurs niveaux de représentations et se lie intimement au décor et à la mise en scène. La participation du spectateur est comme une clé de lecture. Active, elle nous permet de pleinement saisir les atmosphères qui émanent de ses installations. La photographie y trouve une plasticité qui se déploie dans l’espace d’exposition et qui actionne nos sens. Ses installations mêlant textes, sons, objets et photographies, sont pensées comme immersives, tout en volume, accordant ainsi un grand intérêt aux espaces que le spectateur traverse.  


/ Pauline Coste


Immersed in intimate, physical, or metaphysical spaces, Manon Lanjouère’s multidisciplinary work questions our imaginations and reveals a seductive blend of science and poetry. Traditionally opposed, these two disciplines arranged on the same plane emit a disturbing plastic and photographically attractive strangeness. The red thread is fiction, which, at the core of her creation, stands at the service of new stories it weaves at each project.


The literature and the texts of scientific popularization which she is inspired by in her productions plunge us then in the center of natural events which could only take place in dream. Allegories and metaphors that allow her to evoke the interaction between the landscape and the human, to imagine sensory correlations.

Manon Lanjouère is in constant reflection on the medium and its semantics. In her series Demande à la poussière she questions the photographic writing as a way to fix memory, and questions punctuate our reading of the work: should we trust any writing to keep a memory? Is it immutable?


To better immerse us, she creates false documents. A leitmotif of her work that plays with documentary photography. The solicited spectator then becomes a researcher by questioning the veracity of the photographic medium. L’Attrait de la lumière is a telling example. In her productions, the image is no longer queen but subject. A satellite in the service of narrative. An unusual story is to be found under images, clues, words that invite reflection. Her photographic approach seeks to make us lose our foothold, inviting us to enter her fictional universe to better question us on what is given to us to see.


Stimulated by his parallel evolution in a parisian theater, Manon Lanjouère’s photographic practice is revealed on several levels of representation and intimately linked to the setting. The spectator’s participation is like a key to reading. Active, it allows us to fully understand the atmospheres that emanate from her installations. Photography finds a plasticity that unfolds in the exhibition space and activates our senses. Her installations mixing texts, sounds, objects and photographs, are thought of as immersive, all in volume, thus giving a great interest to the spaces that the spectator goes through.



/ Pauline Coste





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